Historique du Camp musical de Lanaudière
Le père Fernand Lindsay
est l’instigateur du Camp musical de Lanaudière.
Le père
Lindsay est tenace, mais également conséquent. Et
puis, dans son esprit, une idée n'attend pas l'autre. En
devenant Clerc de Saint-Viateur, il choisit de vouer sa vie à
l'enseignement aux jeunes. Chez lui, cette mission s'exprimera tant
dans les salles de cours qu'à l'extérieur du collège.
Il n'exerce pas simplement un métier, il a une vocation,
qu'il vivra vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans tout ce qu'il
entreprend.
Ainsi, après s’être
impliqué avec Les Jeunesses musicales à la diffusion
de la musique, après avoir créé le Festival-Concours,
qui incite les jeunes à en faire, maintenant encore faut-il
l'enseigner !
Le père Lindsay voulait offrir aux jeunes musiciens qui ne
pouvaient fréquenter le camp du Centre d'arts d’Orford
(seuls les jeunes âgés d’au moins 16 ans y sont
admis) un endroit près de chez eux où ils pourraient
profiter, comme les plus vieux, d'un enseignement musical intensif
pendant la période estivale.
Le père Lindsay s'ouvre de
son projet à deux amis de longue date, Fernand Houle et Julien
Raymond. Ceux-ci reçoivent l'idée avec enthousiasme
et font une entente avec sœur Lucille, qui s'occupe d'un camp
pour jeunes filles au Lac-des-Baies, à Saint-Côme.
Sœur Lucille acceptera de recevoir des campeurs de l'autre
côté du lac, en face de leurs installations. En moins
de temps qu'il n'en faut pour le dire, le terrain est prêt
pour recevoir 19 jeunes musiciens, qui viendront, pendant 15 jours,
participer à ce qui deviendra le Camp musical de Lanaudière.
C’était à l’été 1967.
Les pianos, en provenance de chez Archambault Musique font la traversée
du lac sur des radeaux conçus pour l'occasion et les tentes
sont montées sur des plates-formes fabriquées à
cet effet.
Après une deuxième année
au Lac-des-Baies au cours de laquelle 35 enfants participent au
camp, le Camp déménage au Lac Priscault (Saint-Côme),
en quête de plus d'espace et de commodités. Les lieux
sont laissés vacants par le départ des Clercs de Saint-Viateur,
qui ne peuvent plus y dispenser de cours (brevets d'enseignement)
depuis que l'université ne consent plus à ce que la
formation se donne en dehors du campus. La communauté accepte
avec bienveillance de voir s'installer chez elle le Camp musical.
Depuis lors, le Camp ne cesse de prendre de l'expansion. Pour en
arriver là, il en a fallu de la construction et des déménagements.
Le site laissé par les Clercs de Saint-Viateur ne comprenait
pas assez de bâtiments pour accueillir tous les campeurs et
les professeurs. Pendant des années, on a dû construire
ou transporter, à raison de trois ou quatre par été,
une cinquantaine de petits studios de répétition dispersés
dans le sous-bois, des chalets pour accueillir les professeurs et
des dortoirs pour les jeunes. Plusieurs années de musique,
mais également plusieurs années de travail manuel
et d'appui bénévole.
En 1970, on avait déjà
deux groupes de 60 élèves. Les professeurs sont Claudette
Richard, Laure Fink et Françoise Bertrand pour le piano,
Rolland Brunelle pour le violon, Hermel Bruneau pour le clavecin
et Roland Langlois pour la guitare.
À l’été 1974, on a maintenant trois sessions
au lieu de deux et on a atteint le nombre de 225 jeunes. On note,
à ces sessions, la présence de professeurs d’envergure
comme Franz-Paul Decker, Luis Grinhauz et Suzan Spier, ces derniers
respectivement 1er et 2ème violons de l’OSM.
À partir de 1977, on ajoutera une 4ème session au
Camp pour les petits ensembles et la musique de chambre. On y compte
alors 350 campeurs, ce qui fera dire au père Lindsay, devant
le club Kiwanis, que « la région de Lanaudière
produit plus de musiciens que toute autre région du pays
». La suite des années ne fera que confirmer cette
assertion.
Neuf ans plus tard, soit en 1986, le père Lindsay parlera
avec ferveur du Camp musical que les muses ont ensorcelé…
« 400 jeunes le fréquentent, on y retrouve 20 professeurs
provenant de grandes écoles de musique à chacune des
sessions, 12 moniteurs s’occupent des loisirs et tentent de
créer l'environnement humain idéal.».
En 1993, une vaste cafétéria est construite et en
2001, deux autres constructions s’ajoutent : une nouvelle
maison pour les professeurs (la Maison Jean-Cypihot) et un chalet
pour le père Lindsay (le Chalet Imasco) pour remplacer sa
roulotte devenue désuète.
À l'automne 2002, des projets majeurs de rénovation
ont permis de remettre à neuf un des chalets pour campeurs
(la Villa d'eau), de refaire le revêtement extérieur
de la chapelle ainsi que de reconstruire le kiosque qui est situé
sur le bord du lac. On aménage également un sentier
pédestre d'environ 4 km qui nous permet de parcourir le domaine
du Camp musical.
Depuis plusieurs années, le Camp musical de Lanaudière,
avec ses quatre sessions intensives de deux semaines, permet annuellement
à plus de 400 musiciens (les 2/3 seront généralement
des filles) de compléter, par des approches originales et
dans un décor de rêve, leur formation musicale avec
de grands maîtres et de participer à des pratiques
d’ensemble qu’ils n’auraient pas autrement la
joie de connaître.
Même si la majorité des
élèves qui fréquentent le Camp musical n'ont
pas pour objectif de faire carrière en musique, on retrouve
cependant un grand nombre d'anciens campeurs dans la vie musicale
professionnelle: Angèle Dubeau, Gregory Charles, France Beaudry,
Élaine et Chantal Marcil, Marie-Andrée Benny, Jean-Jules
Poirier, Luc Beauséjour, Pascale, Nathalie et Claudine Giguère,
Monique Poitras, Mélanie Forget et quantité d'autres
qu'on retrouve dans l'Orchestre symphonique de Montréal,
l'Orchestre Métropolitain de Montréal, l'Orchestre
symphonique de Québec, les orchestres régionaux et
dans d'autres ensembles ou dans l'enseignement musical.
Depuis la première saison,
le père Lindsay passe tous ses étés au Lac
Priscault (dans une petite roulotte pendant 34 ans). Debout tôt
le matin pour déjeuner avec les autres et pour diriger, matin
après matin, la chorale des campeurs, il débute également
sa tâche de directeur du Camp en donnant quelques consignes
et en s'assurant que la journée débute sur une bonne
note.
Bien sûr, il aura à voir aux questions administratives
- moins maintenant depuis qu'un adjoint le seconde - mais il se
préoccupe surtout de l'atmosphère qui règne
sur les lieux, s'assurant qu'enfants, professeurs et moniteurs travaillent
dans le plaisir et soient heureux. Tout est pensé afin que
la vie au Camp se passe dans l'harmonie, que les enfants soient
stimulés et que les professeurs se sentent chez eux.
Mais qu'est-ce qui pousse le père
Lindsay à passer tous ses étés au Lac Priscault
? La musique certes, mais aussi le plaisir de voir de près
les enfants se passionner pour ce qu'il aime tant. Il désire
transmettre aux autres cet engouement et, jour après jour,
on constate comment le charme opère.
« Le Camp, c'est son bébé,
d'expliquer Julien Raymond, il a su conserver vivante l'âme
du départ. Ce n'est pas un fardeau pour lui de venir au
Camp, mais plutôt des vacances, un enchantement. C'est une
partie de sa vie! Lorsqu'il arrive au Lac Priscault, on a l'impression
qu'il fait abstraction de tout ce qu'il a à faire, que
plus rien ne le préoccupe. Il est d'une bonne humeur continue.»
Pour en savoir plus sur le père
Lindsay, cliquez
ici.
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